Or : Sarama réclame désormais 242 millions $ dans son litige contre le Burkina Faso

All the versions of this article: [English] [français]

Agence Ecofin, 3 Novembre 2025
Par Aurel Sèdjro Houenou

Or : Sarama réclame désormais 242 millions $ dans son litige contre le Burkina Faso

Fin 2024, Sarama Resources a lancé une procédure d’arbitrage contre le Burkina Faso après le retrait de ses droits miniers sur le gisement aurifère Tankoro 2. La société réclamait alors environ 117 millions USD à titre de dommages et intérêts à Ouagadougou.
Dans une note publiée lundi 3 novembre, Sarama Resources a annoncé avoir déposé un mémoire détaillant sa réclamation dans le cadre du litige qui l’oppose au Burkina Faso au sujet du retrait des droits miniers du gisement aurifère Tankoro 2, qu’elle détenait. Ce développement inclut également, apprend-on, le dépôt d’une demande de dommages et intérêts de 242 millions USD, un montant supérieur à celui de 180 millions de dollars australiens (environ 117 millions USD) initialement demandés.

Ce différend remonte à 2023, lorsque Sarama indique avoir été informée par le ministère burkinabé de l’Énergie, des Mines et des Carrières du retrait des droits miniers du permis Tankoro 2, un gisement de 2,5 millions d’onces de ressources minérales. Une décision qu’elle avait jugé « incohérente », précisant avoir déjà obtenu le renouvellement dudit permis en 2021. N’ayant pas obtenu gain de cause dans sa réclamation auprès des autorités, la junior minière canadienne a saisi fin décembre 2024 le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) pour arbitrage.

C’est dans le cadre de cette procédure que s’inscrivent le dépôt du mémoire et de la demande de 242 millions USD. Pour l’heure, la compagnie n’a pas précisé les raisons pour lesquelles le montant désormais réclamé à Ouagadougou a augmenté. Elle indique néanmoins que la finalisation des démarches susmentionnées ouvre la voie à la poursuite de la procédure d’arbitrage, le contre-mémoire du gouvernement du Burkina Faso étant attendu d’ici le 31 janvier 2026. Après quoi, un calendrier définitif procédural sera établi.

Ouagadougou n’a pour le moment pas encore réagi à l’annonce de Sarama Resources. En attendant la suite des événements, notons qu’une procédure d’arbitrage auprès du CIRDI peut s’étendre sur plusieurs années, nécessitant parfois d’importantes dépenses de la part des parties en litige. Pour couvrir les frais de la procédure, Sarama a par exemple conclu un accord pour obtenir un prêt de 4,4 millions USD auprès de Locke Capital II LLC, un organisme spécialisé dans le financement de la résolution des litiges.

À ce stade, l’issue de cette affaire reste encore incertaine, ce qui alimente des questions sur l’avenir du gisement aurifère au cœur du différend. Aucune communication officielle n’a été faite concernant sa gestion depuis plus d’un an. Un bras de fer juridique de plus qui s’inscrit dans la série de différends opposant compagnies minières à leurs pays hôtes en Afrique, particulièrement dans le sec

source: Agence Ecofin